ChatGPT : Comment s’assurer de la confidentialité des requêtes ?

Aux États-Unis, le nombre de requêtes adressées à ChatGPT a dépassé les 10 milliards en 2023. Derrière ces chiffres vertigineux, une réalité s’impose : chaque question posée, chaque texte partagé, nourrit le moteur de l’intelligence artificielle, parfois à l’insu de l’utilisateur. L’opacité des traitements de données, la méconnaissance des réglages et la diversité des usages dessinent un paysage où la confidentialité n’a rien d’automatique.

Ce que ChatGPT sait (vraiment) de vous : démêler le vrai du faux

ChatGPT ne va pas fouiller dans vos disques durs, ni s’immiscer dans vos historiques de navigation. Ce qu’il sait, il le sait parce que vous le lui avez écrit, point. L’intelligence artificielle d’OpenAI se nourrit du contenu de vos conversations : les mots tapés, les questions posées, les réponses générées. Rien d’autre ne remonte.

OpenAI, dans sa politique de confidentialité, indique clairement que chaque requête saisie peut servir à entraîner de futurs modèles d’IA, sauf si l’utilisateur en décide autrement. Les procédures internes affichent la volonté de protéger les données personnelles, mais il faut rester lucide : l’anonymisation ne garantit pas l’impossibilité d’identifier un utilisateur moins vigilant. Tout ce que vous partagez, nom, adresse, document confidentiel, pourrait, même anonymisé, enrichir l’algorithme. OpenAI assure ne pas exploiter ces données à des fins commerciales, mais la prudence reste de mise.

Plusieurs leviers permettent de réduire la transmission d’informations personnelles à ChatGPT :

  • désactiver l’historique des conversations dans les paramètres,
  • refuser l’utilisation de vos données pour entraîner les modèles,
  • éviter de transmettre des informations qui permettraient de vous identifier lors de l’utilisation du service.

Face aux risques de fuite ou de mauvais usage des données utilisateurs, la vigilance individuelle reste la meilleure protection. Les spécialistes de la protection des données le répètent : tout ne tient pas qu’aux réglages techniques. À chaque utilisation, une part de responsabilité vous revient.

Faut-il s’inquiéter pour la confidentialité de ses requêtes ?

Cette préoccupation touche autant le salarié en télétravail que le dirigeant d’entreprise. Confidentialité, respect de la vie privée, garanties affichées dans la politique d’OpenAI : derrière ces grandes notions, ce sont parfois des secrets stratégiques, des créations intellectuelles, voire des données sensibles qui transitent dans une requête. Les professionnels du numérique le rappellent : un simple copier-coller dans la fenêtre de ChatGPT peut exposer des informations à des risques imprévus si le cycle de vie des données n’est pas complètement maîtrisé.

OpenAI promet un traitement conforme au RGPD. Les utilisateurs européens disposent de droits spécifiques : accéder, corriger, effacer leurs données. Mais la conformité réglementaire n’est pas un bouclier infaillible. Pour les entreprises soucieuses de protéger leur patrimoine informationnel, la question n’est pas de savoir si la confidentialité est totale, mais jusqu’où elle peut être préservée, et comment. Le modèle économique d’OpenAI s’appuie en partie sur l’analyse des conversations pour perfectionner son outil. Difficile, dans ce contexte, de tout cloisonner.

L’usage de ChatGPT par les équipes métiers, pour la rédaction, la synthèse, l’analyse, exige une attention constante. Garantir la confidentialité ne relève pas d’un réglage unique. Il s’agit de conjuguer différents paramètres de confidentialité, de gérer les accès et d’informer les collaborateurs sur les enjeux. Nul dispositif, aussi sophistiqué soit-il, ne remplace la capacité de chacun à discerner ce qui doit, ou non, être partagé avec une intelligence artificielle.

Les coulisses de la sécurité chez OpenAI : quelles protections pour vos données ?

Quand vous envoyez une requête à ChatGPT, une série de protocoles se déclenche pour préserver la sécurité de vos données. OpenAI, conscient de la sensibilité des échanges, met en avant ses dispositifs techniques et organisationnels pour limiter les risques de fuite. La protection des données chez ChatGPT ne se résume pas à un verrou technique : elle implique aussi des choix de gouvernance et un effort de transparence.

Le traitement des requêtes s’appuie sur plusieurs mécanismes :

  • Le chiffrement des échanges entre l’utilisateur et les serveurs OpenAI, pour empêcher toute interception extérieure,
  • Des accès restreints aux données, réservés à un cercle limité d’administrateurs,
  • Un mode de conversation temporaire, proposé pour limiter la persistance des échanges,
  • Des paramètres de confidentialité paramétrables, permettant à l’utilisateur de refuser que ses données alimentent l’entraînement des modèles.

OpenAI déconseille formellement d’intégrer des données sensibles dans les conversations, comme un numéro de sécurité sociale, par exemple. Pourtant, aucune barrière technique n’empêchera un utilisateur distrait d’en transmettre. Une surveillance automatisée traque les abus manifestes, mais elle ne remplace pas le discernement humain.

La société communique sur ses audits de sécurité et ses démarches de conformité, notamment vis-à-vis des exigences européennes. Les attentes ne cessent de grimper : garantir une stricte séparation des données, offrir des outils de contrôle vraiment efficaces… Les professionnels de la protection des données appellent à ne jamais baisser la garde. La rapidité d’évolution des intelligences artificielles impose sans cesse de repenser les défenses.

Jeune homme souriant utilisant son smartphone en extérieur

Adopter les bons réflexes pour protéger vos informations personnelles

Utiliser ChatGPT, comme tout agent conversationnel, suppose une vigilance de chaque instant. La protection des données personnelles commence par une pratique avisée. Ne transmettez jamais d’informations sensibles dans vos requêtes : vos coordonnées bancaires, numéros officiels, données médicales ou détails professionnels confidentiels n’ont rien à faire dans une conversation avec une IA.

Vous disposez de plusieurs réglages pour limiter l’exposition de vos données. Si l’option existe, pensez à désactiver l’historique des conversations : cela réduit la conservation de vos échanges et limite leur utilisation lors de l’entraînement du modèle. Certains outils permettent également de refuser l’utilisation de vos données pour améliorer le service, offrant ainsi un contrôle supplémentaire à ceux qui tiennent à leur vie privée.

Trois points de vigilance méritent d’être intégrés à vos habitudes :

  • Consultez régulièrement la politique de confidentialité de l’outil : elle peut évoluer sans prévenir,
  • Pour les usages professionnels ou sensibles, privilégiez les solutions open source ou hébergées localement, qui vous laissent la main sur le traitement des informations,
  • Renseignez-vous sur la localisation des serveurs, car la protection des données dépend aussi des lois du pays d’hébergement.

La souveraineté numérique ne s’improvise pas. Elle se construit, échange après échange, paramètre après paramètre. Prendre soin de la confidentialité de ses données, c’est s’offrir la liberté de choisir ce que l’on confie, et à qui. Dans le grand jeu des intelligences artificielles, chaque utilisateur détient une partie des clés.

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