Le film « quelqu’un de grand » sur Netflix s’inspire-t-il de faits réels ?

Le box-office raffole des histoires qui puisent dans la vie. Someone Great, comédie romantique portée par Netflix, n’a pas simplement aligné les clichés : le film, qui a débarqué sur la plateforme en avril 2019, a frappé juste, séduisant critiques et fans avec son regard frais sur l’amitié féminine. Jetons un œil à ce qui distingue vraiment ce film, à sa créatrice, et à la part de vécu qui infuse chaque scène.

Qu’est-ce que « Quelqu’un de grand » ?

Someone Great suit le parcours de Jenny (incarnée par Gina Rodriguez), New-Yorkaise débarquée dans l’univers de la presse musicale grâce à un job rêvé chez Rolling Stone. Problème : cette nouvelle aventure la pousse à déménager à San Francisco. Au même moment, sa relation de longue date avec Nate (Lakeith Stanfield) touche à sa fin. La distance a eu raison de leur couple.

Mais là où beaucoup s’attardent sur les histoires d’amour, Someone Great prend le contre-pied. Si les flashbacks racontent les souvenirs avec Nate, le cœur du film bat au rythme d’une dernière nuit new-yorkaise, orchestrée par ses deux complices, Blair (Brittany Snow) et Erin (DeWanda Wise). Leur mission ? Offrir à Jenny une virée inoubliable. C’est autant une ode à la fête qu’une célébration de ces amitiés qui sauvent la mise quand tout vacille.

Un film signé Jennifer Kaytin Robinson

La scénariste et réalisatrice Jennifer Kaytin Robinson pose ici avec Brittany Snow, DeWanda Wise et Gina Rodriguez, lors de la première du film. Robinson, nouvelle venue à Hollywood, n’en était pas à son coup d’essai mais signait ici son premier long-métrage derrière la caméra. Si elle a fait quelques apparitions dans des courts-métrages, c’est bien l’écriture qui va définir sa trajectoire.

Avant Someone Great, elle s’est fait remarquer avec la série Sweet/Vicious sur MTV, où deux étudiantes décident de se dresser contre l’impunité des agressions sexuelles sur leur campus. Malgré son accueil chaleureux, la série n’aura vécu qu’une saison de dix épisodes, laissant derrière elle une communauté de fans frustrés.

L’histoire réelle derrière le scénario

Dans le film, le trio d’amies partage un moment fort lors d’un festival de musique. Ce détail n’est pas anodin. Le 2 juin 2019, Jennifer Kaytin Robinson a publié sur Instagram une photo d’elle aux côtés de deux amies, toutes deux prénommées Jen, lors du Governors Ball Music Festival à New York. Sous la photo, elle détaille les origines du scénario :

« Voici Jen et Jen. Il y a neuf ans, elles m’ont traînée à une fête dansante juste après que mon cœur ait éclaté en morceaux. Someone Great ne parle pas des hommes qui [brisent le cœur], c’est un hommage à ces amies qui, face à la détresse, te lancent : ‘Tu veux… Molly ?’ Elles comptent énormément pour moi. »

Jenny, un alter ego avec bien des points communs

Ce n’est pas seulement l’amitié qui relie la réalisatrice à son héroïne. Robinson a glissé beaucoup d’elle-même dans le personnage de Jenny. Au-delà du prénom, elle aussi a fait ses armes comme journaliste musicale avant de bifurquer vers le cinéma. Elle l’a d’ailleurs confirmé dans une interview au vrai Rolling Stone, évoquant une anecdote assez parlante.

Interrogée sur une scène où Jenny se plaint du cachet perçu pour un concert, Robinson s’amuse : « C’est véridique. En 2011, quand je collaborais avec le site Pigeons and Planes, pas encore racheté par Complex, j’étais payée… vingt dollars par article. »

Le film, comme son histoire, tire sa force de cette authenticité. Il ne s’agit pas d’une simple romance, mais d’un portrait de ce qui, dans la débâcle, nous relève. La prochaine fois qu’un générique défile sur Netflix, on se surprend peut-être à se demander : jusqu’où les histoires qui nous touchent prennent racine dans la vraie vie ?

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